Le photomaton est devenu presque incontournable dans les mariages. Une borne, un joli fond, quelques accessoires, parfois une imprimante et, quelques minutes plus tard, les invités repartent avec leur photo.
Et il faut reconnaître une chose : ça fonctionne.
Même l’oncle qui jurait en arrivant qu’il déteste être photographié finit parfois, quelques verres plus tard, avec une paire de lunettes absurdes sur le nez, coincé entre trois cousins devant le photomaton.
Mais une question revient régulièrement lorsqu’on prépare un mariage : si nous installons un photomaton, avons-nous encore besoin d’un photographe ?
En réalité, la question est probablement mal posée.
Un photomaton et un photographe de mariage ne sont pas deux versions plus ou moins coûteuses de la même prestation. Ils produisent des photographies, certes, mais leur fonction est complètement différente.
Et c’est justement pour cela qu’ils peuvent très bien cohabiter.
Le photomaton ne remplace pas le photographe… et ce n’est pas son rôle
On pourrait comparer cela au DJ et à la playlist que vous écoutez dans la voiture.
Dans les deux cas, il y a de la musique. Pourtant, personne n’attend exactement la même chose des deux.
Le photomaton fonctionne de la même manière.
Il crée un endroit précis dans lequel les invités décident eux-mêmes de venir faire une photographie. Ils choisissent avec qui, prennent la pose, recommencent si nécessaire et décident parfois volontairement de faire quelque chose de complètement ridicule.
Et c’est justement ce qui est intéressant.
Le photomaton ne cherche pas nécessairement à produire la plus belle photographie de la soirée. Il crée une petite expérience dans le mariage.
Le photographe travaille autrement.
Il n’attend pas que les événements viennent jusqu’à lui. Il circule, observe et photographie ce qui se passe dans différents endroits et à différents moments.
Ce ne sont donc pas deux concurrents.
Ce sont deux manières totalement différentes de fabriquer des souvenirs.
Le grand avantage du photomaton : les invités deviennent acteurs de leurs photos
Dans un reportage de mariage, les invités sont souvent photographiés alors qu’ils discutent, rient, dansent, écoutent un discours ou interagissent naturellement.
Devant un photomaton, le rapport à l'appareil change complètement.
Cette fois, ce sont eux qui décident de la photographie.
« Viens, on en fait une ! »
Et quelques secondes plus tard, quatre amis se serrent devant l’objectif.
Puis six.
Puis huit.
Puis quelqu’un décide évidemment qu’une chaise doit entrer dans le cadre alors qu’elle n’a absolument rien demandé à personne.
Cette liberté produit des images qu’un reportage classique ne produirait probablement jamais de la même manière.
Et c’est très bien ainsi.
Le photomaton devient une sorte de petit territoire photographique appartenant aux invités.
Le photographe raconte ce qu’ils vivent.
Le photomaton leur permet de jouer avec leur propre image.
Certaines personnes deviennent étonnamment différentes devant un photomaton
C’est également l’un des aspects amusants de ce type d’animation.
Certaines personnes deviennent très conscientes de l’objectif lorsqu’un photographe les photographie. Elles se redressent immédiatement, adoptent leur « sourire photo » et ne savent soudainement plus quoi faire de leurs mains.
Devant un photomaton, cette gêne peut disparaître.
Pourquoi ?
Parce qu’il n’y a personne derrière l’appareil.
Pas de photographe qui regarde.
Pas besoin d’attendre une instruction.
On appuie, un compte à rebours apparaît et chacun fait ce qu’il veut.
Cette autonomie peut libérer certains invités et produire des images étonnamment spontanées, parfois complètement décalées.
C’est une des raisons pour lesquelles les photographies du photomaton et celles du reportage se complètent si bien : elles ne montrent pas toujours les mêmes facettes des personnes présentes.
Le tirage immédiat change complètement la nature du souvenir
C’est probablement l’une des plus grandes forces du photomaton.
La photographie existe immédiatement.
On la prend en main.
On la montre aux autres.
On repart avec.
Dans un monde où pratiquement toutes nos images restent quelque part dans un téléphone, une galerie ou un cloud, ce petit morceau de papier possède curieusement quelque chose de très séduisant.
À peine la photographie réalisée, elle fait déjà partie de la soirée.
Certains invités la glissent dans leur portefeuille. D’autres l’accrochent sur un tableau prévu pour l’occasion. Certains en réalisent plusieurs exemplaires pour les partager.
Et plusieurs années plus tard, il n’est pas rare de retrouver ce genre de petite photographie punaisée sur un frigo ou conservée dans une boîte à souvenirs.
Le reportage professionnel fonctionne sur une temporalité différente.
Les photographies sont sélectionnées, développées et travaillées avant d’être remises aux mariés.
Le photomaton offre l’instantané.
Le reportage construit la mémoire de la journée.
Encore une fois : deux fonctions différentes.
Le photomaton peut aussi devenir un excellent livre d’or
C’est probablement l’une des utilisations les plus intéressantes.
Au lieu de demander simplement aux invités d’écrire quelques mots dans un livre d’or, on peut associer leur message à une photographie réalisée quelques secondes auparavant.
Selon le système utilisé, deux tirages peuvent par exemple être réalisés : un pour les invités et un destiné aux mariés.
La deuxième photographie est collée dans le livre.
À côté, chacun écrit quelques mots.
Et là, le livre d’or prend une tout autre dimension.
On retrouve les visages, les groupes qui se sont formés au cours de la soirée, les amis, les collègues, les cousins, les enfants…
Et généralement, plus la soirée avance, plus le niveau de sérieux des photographies diminue.
Ce qui constitue finalement une assez bonne chronologie de la réception.
Pour les mariés, ce livre devient un objet très différent d'un album photographique professionnel. Il est moins esthétique, moins construit, beaucoup plus anarchique… mais extrêmement vivant.
Photographe et photomaton peuvent même photographier deux mariages légèrement différents
C’est là que leur complémentarité devient particulièrement intéressante.
Un mariage ne se déroule jamais uniquement là où se trouvent les mariés.
Pendant que vous discutez avec une table, certains invités sont dehors.
Pendant que vous dansez, d’autres discutent tranquillement dans un coin.
Pendant que le photographe suit une animation, cinq amis peuvent être occupés à organiser une improbable séance devant le photomaton.
Il existe constamment de petits événements parallèles.
Le reportage du photographe en capture une partie.
Le photomaton en capture une autre, mais uniquement lorsque les invités décident d’y participer.
Lorsque vous réunissez ensuite toutes ces images, vous obtenez plusieurs points de vue sur la même journée.
Et certaines photos du photomaton peuvent même vous révéler des choses dont vous ignoriez totalement l’existence.
Ce qui peut parfois être une excellente surprise.
Ou le début d'une enquête.
Le photomaton devient particulièrement intéressant pendant la soirée
Son intérêt évolue également au fil de la journée.
Lors des préparatifs ou de la cérémonie, il aurait évidemment peu de sens.
Pendant la réception et surtout durant la soirée, il trouve beaucoup plus naturellement sa place.
Les gens ont davantage de temps.
Les différents groupes commencent à se mélanger.
L’ambiance devient plus détendue.
Et certaines personnes qui ne se connaissaient pratiquement pas quelques heures auparavant se retrouvent soudainement ensemble devant l’objectif.
C’est là que le photomaton peut devenir une véritable animation sociale.
Il crée un petit point de rencontre.
On regarde les photographies des autres.
On appelle des amis.
On recommence.
Et petit à petit se constitue une collection d’images complètement différente du reportage réalisé pendant la journée.
Attention cependant à son emplacement
Installer un photomaton n’importe où serait dommage.
S’il se trouve dans une pièce éloignée de la réception, certains invités ne le verront pratiquement jamais.
S’il est placé au milieu d’une zone de passage, une petite file peut rapidement gêner les déplacements.
Et s’il se trouve juste à côté de la piste de danse ou des tables, son éclairage ou les mouvements autour de la borne peuvent parfois devenir envahissants.
Le bon emplacement est généralement visible, facilement accessible mais légèrement en retrait.
Les invités doivent comprendre immédiatement que l’animation existe sans qu’elle prenne physiquement le contrôle de la salle.
Il faut également penser à quelques détails très pratiques : suffisamment d’espace pour accueillir plusieurs personnes devant la borne, une alimentation électrique accessible, un fond correctement installé et, évidemment, éviter qu’une porte s’ouvre continuellement derrière les participants.
Cela semble évident.
Ça l’est généralement beaucoup moins une heure avant l’arrivée des invités.
Le moment de sa mise en service peut également faire la différence
Un photomaton ne doit pas nécessairement fonctionner dès l’arrivée du premier invité.
Il peut même être intéressant de conserver cette animation pour une partie plus avancée de la réception.
Pendant certains moments importants — entrée dans la salle, discours, animations prévues par les proches, première danse — mieux vaut éviter de disperser inutilement l’attention.
Une fois ces moments passés, le photomaton peut au contraire devenir une activité disponible en permanence.
Les personnes qui ne dansent pas ont quelque chose à faire.
Les différents groupes peuvent venir quand ils le souhaitent.
Et l’animation continue parfois bien après le départ du photographe si la couverture photographique ne comprend pas toute la nuit.
Faut-il absolument prévoir les traditionnelles moustaches en plastique ?
Non.
Heureusement.
Le photomaton n’est pas condamné aux chapeaux fluo, perruques improbables, fausses moustaches et lunettes d’une taille incompatible avec l’anatomie humaine.
Tout dépend de l’ambiance que vous souhaitez donner à votre mariage.
Pour un mariage élégant, un décor très simple peut produire de très belles images.
Pour un mariage bohème, le fond peut reprendre certains éléments de la décoration.
Pour une ambiance volontairement décalée, les accessoires deviennent évidemment intéressants.
On peut également ne prévoir absolument aucun accessoire et simplement laisser les invités improviser.
Le photomaton peut être chic, minimaliste, romantique ou complètement absurde.
Il n’existe aucune obligation.
L’idéal est simplement qu’il reste cohérent avec votre mariage plutôt que de donner l’impression qu’une fête foraine s’est accidentellement installée à côté du buffet.
Tous les photomatons ne proposent pas exactement la même chose
Le terme « photomaton » recouvre aujourd’hui de nombreux systèmes.
Certaines bornes photographient simplement et transmettent les fichiers numériques.
D’autres impriment directement.
Certaines permettent de personnaliser le cadre avec les prénoms et la date du mariage.
D’autres proposent différents formats ou plusieurs photographies successives sur une même bande.
Il existe également des miroirs photographiques, des installations ouvertes permettant de photographier de grands groupes et différentes animations vidéo.
Avant de réserver, il peut donc être intéressant de vérifier concrètement ce qui est compris dans la prestation.
Combien de tirages sont possibles ?
Les invités peuvent-ils obtenir plusieurs exemplaires ?
Les mariés récupèrent-ils également les fichiers numériques ?
Le cadre des photographies est-il personnalisable ?
Quelle est la durée de mise à disposition ?
Que se passe-t-il lorsqu’il n’y a plus de papier ou qu’un problème technique survient ?
Un prestataire reste-t-il disponible ?
Ce sont des détails, mais sur une soirée de mariage, les petits détails deviennent rapidement importants.
Et le photographe dans tout ça ?
Justement : il peut continuer à faire son travail.
Personnellement, si un photomaton est présent, je ne considère pas qu’il empiète sur mon reportage.
Au contraire.
Pendant que certains invités s’amusent devant la borne, il se passe souvent quelque chose d’intéressant autour.
Ceux qui attendent leur tour rient.
Un groupe tente de convaincre quelqu’un de participer.
Les participants découvrent leur photographie.
Les autres commentent le résultat.
Et ces interactions peuvent elles-mêmes devenir des photographies intéressantes pour le reportage.
Le photomaton devient alors une animation du mariage comme peuvent l’être une ouverture de bal, un jeu ou une intervention préparée par les proches.
Il crée des situations.
Le photographe peut en raconter l’histoire.
Faut-il demander au photographe de faire lui-même « le photomaton » ?
C’est possible dans certaines organisations, mais cela change complètement le principe.
Si le photographe installe un fond et réalise lui-même chaque portrait, il ne s’agit plus vraiment d’un photomaton autonome.
Il s’agit plutôt d’un studio photo temporaire.
Cela peut produire des images magnifiques, évidemment, mais pendant que le photographe se trouve derrière cet appareil, il ne photographie pas ce qui se passe ailleurs.
Tout dépend donc de ce que vous recherchez.
Pour une véritable animation fonctionnant de manière autonome pendant plusieurs heures, une borne dédiée présente un avantage évident : elle libère totalement le photographe.
Chacun peut alors faire ce pour quoi il est là.
Et si le budget ne permet pas de choisir les deux ?
C’est évidemment la situation qui rend la question du titre pertinente.
Dans ce cas, il faut simplement se demander ce que vous êtes en train de supprimer.
Sans photomaton, votre mariage peut parfaitement se dérouler normalement. Il manquera une animation et cette collection particulière de photographies réalisées par les invités.
Sans reportage photographique, ce n’est pas une animation qui disparaît. C’est la couverture visuelle de la journée elle-même.
La comparaison financière directe est donc trompeuse.
Vous ne choisissez pas entre deux fournisseurs capables de remplir exactement la même mission.
Vous choisissez entre deux services différents.
Selon votre budget, il peut d’ailleurs être plus intéressant d’adapter l’un ou l’autre : limiter les heures de location de la borne, simplifier le décor, choisir une formule photographique correspondant réellement aux moments que vous souhaitez couvrir…
L’objectif n’est pas d’accumuler les prestations.
C’est de construire un mariage qui vous ressemble.
Smartphone, photomaton, photographe : pourquoi vouloir qu’un seul système fasse tout ?
Il y aura probablement beaucoup de photographies de votre mariage.
Celles du photographe.
Celles du photomaton.
Celles réalisées avec les téléphones des invités.
Peut-être quelques Polaroids.
Et aucune de ces images n’a exactement la même fonction.
Les téléphones conserveront des fragments personnels de la soirée.
Le photomaton donnera des images volontaires, amusantes et immédiatement partageables.
Le photographe construira un reportage cohérent autour de la journée.
Pourquoi faudrait-il absolument éliminer l’un parce que l’autre existe ?
La photographie de mariage n’est pas un concours destiné à déterminer quel appareil aura le droit de produire les souvenirs officiels.
Ce qui compte, c’est ce que chaque image vous permettra de retrouver quelques années plus tard.
Finalement, faut-il choisir entre photographe et photomaton ?
Pas nécessairement.
Et lorsque le budget le permet, je trouve même leur association particulièrement intéressante.
Le photomaton apporte quelque chose que le photographe n’a aucune raison d’essayer de reproduire : une animation autonome dans laquelle les invités créent eux-mêmes leurs souvenirs.
Le photographe apporte quelque chose que la borne ne peut pas produire : un regard extérieur sur l’ensemble de la journée.
Quelques jours ou quelques semaines après le mariage, vous découvrirez le reportage.
Vous y retrouverez votre journée.
À côté de cela, vous aurez peut-être un livre rempli de petites bandes photographiques, de messages écrits à moitié droit et d’amis qui semblent avoir progressivement perdu toute dignité à mesure que la soirée avançait.
Et finalement, ce sont probablement ces différences qui rendent l’ensemble intéressant.
Vous préparez votre mariage à Liège ou ailleurs en Belgique ?
Chez Kamera Obskura, mon approche de la photographie de mariage repose avant tout sur le reportage : vous laisser vivre votre journée plutôt que la transformer en séance photo permanente.
Le photomaton, les téléphones de vos invités ou les petites photos improvisées ne me dérangent absolument pas.
Ils font eux aussi partie de votre mariage.
Mon travail consiste à photographier tout ce qui se passe autour.
Les moments importants, évidemment.
Mais également ceux que vous n’aviez pas prévus.

