Pourquoi dois-je parfois attendre plusieurs semaines avant de recevoir mes photographies de mariage?
Le mariage est terminé. Les alliances sont aux doigts, les invités sont rentrés chez eux et, forcément, une question arrive très vite :
« Quand allons-nous recevoir nos photos ? »
À l’heure du smartphone, où une image apparaît instantanément sur l’écran après avoir appuyé sur le déclencheur, attendre plusieurs semaines peut sembler étonnant.
Pourtant, photographier un mariage ne représente qu'une partie du travail d'un photographe professionnel.
Une fois les appareils rangés commence une deuxième phase, beaucoup moins visible mais absolument essentielle : le tri, le développement et le post-traitement de plusieurs centaines de photographies.
Et c'est précisément cette étape qui transforme des fichiers enregistrés par un appareil photo en un véritable reportage de mariage.
Le photographe ne livre pas une « pellicule »
À l'époque de la photographie argentique, personne ne s'attendait à recevoir sa pellicule directement après le mariage.
Le photographe photographiait l'événement, puis le film devait être développé, les images sélectionnées et les tirages réalisés.
La photographie numérique a changé les outils, mais elle n'a pas supprimé cette étape.
Aujourd'hui, le négatif a simplement changé de forme.
Il s'appelle généralement un fichier RAW.
Un fichier RAW contient énormément d'informations enregistrées directement par le capteur de l'appareil. Il permet au photographe de travailler très précisément la lumière, les couleurs, les ombres et les hautes lumières.
Mais ce fichier n'est pas destiné à être livré tel quel.
Exactement comme un négatif argentique n'était pas le produit final destiné au client.
Vous ne payez pas un photographe pour obtenir le contenu de ses cartes mémoire. Vous lui confiez la réalisation d'un reportage.
Et un reportage implique une sélection, une cohérence et un travail d'image.
Que se passe-t-il après le mariage ?
Lors d'une journée complète, un photographe peut facilement déclencher plusieurs milliers de fois.
Cela ne signifie évidemment pas que plusieurs milliers de photographies seront livrées.
Certaines images sont volontairement réalisées en rafale : une expression change en une fraction de seconde, quelqu'un ferme les yeux, un enfant tourne la tête, la robe bouge, un invité passe dans le cadre…
Le premier travail consiste donc à effectuer une sélection extrêmement précise.
Parmi parfois plusieurs milliers de fichiers, il faut choisir ceux qui racontent réellement la journée.
Les doublons sont éliminés, tout comme les images où une expression est moins intéressante ou celles qui n'apportent rien au reportage.
Ce travail de tri peut déjà prendre plusieurs heures.
Mais ce n'est que le début.
Chaque photographie doit ensuite être développée
Une fois les meilleures images sélectionnées, commence le véritable travail de post-production sur des logiciels professionnels tels qu'Adobe Lightroom et Photoshop.
Chaque photographie peut nécessiter différents ajustements :
exposition et luminosité ;
récupération des hautes lumières ;
ouverture des ombres ;
balance des blancs ;
colorimétrie ;
contraste ;
cadrage ;
redressement ;
correction des perspectives ;
réduction du bruit numérique ;
netteté ;
corrections locales ;
suppression éventuelle de petits éléments gênants ;
harmonisation avec les autres images du reportage.
Certaines photographies sont relativement simples à traiter.
D'autres demandent beaucoup plus de travail.
Une cérémonie dans une église sombre éclairée par plusieurs types de sources lumineuses n'a rien à voir avec un portrait réalisé en extérieur en fin d'après-midi.
Le photographe doit pourtant faire en sorte que l'ensemble reste cohérent.
500 photos : combien de temps de post-traitement ?
Prenons un reportage final comprenant 500 photographies.
Imaginons une moyenne comprise entre 10 et 15 minutes de travail par photographie.
Le calcul est très simple.
À raison de 10 minutes par photographie :
500 × 10 minutes = 5 000 minutes
Soit :
83 heures et 20 minutes de post-traitement.
À raison de 15 minutes :
500 × 15 minutes = 7 500 minutes
Soit :
125 heures de travail.
Autrement dit, entre plus de deux semaines et plus de trois semaines de travail à temps plein, uniquement consacrées au traitement des 500 photographies, si l'on raisonne sur des journées classiques de travail.
Et cela ne comprend toujours pas :
le reportage du mariage lui-même, les déplacements, les sauvegardes, le tri initial des milliers de fichiers, la création de la galerie, les exports dans les différents formats ni la préparation de la livraison.
Toutes les photographies ne demandent évidemment pas exactement le même temps : certaines pourront être traitées plus rapidement tandis que d'autres nécessiteront un passage poussé sous Photoshop.
Mais cela permet de comprendre pourquoi 500 photographies professionnelles ne peuvent raisonnablement pas être traitées avec soin en une soirée.
Pourquoi ne pas simplement appliquer un filtre à toutes les photos ?
Techniquement, ce serait possible.
Un réglage prédéfini pourrait être appliqué à plusieurs centaines de photographies en quelques secondes.
Mais un mariage ne se déroule pas pendant huit ou douze heures sous une lumière identique.
La préparation peut avoir lieu dans une chambre éclairée par une fenêtre.
La cérémonie peut se dérouler dans une église très sombre.
La sortie peut avoir lieu en plein soleil.
Les photographies de couple peuvent être réalisées sous un ciel nuageux.
Le repas se déroule ensuite sous un éclairage artificiel et la soirée dans une salle presque entièrement sombre.
Un réglage identique appliqué automatiquement à toutes ces situations donnerait nécessairement des résultats très approximatifs.
Les outils automatiques et l'intelligence artificielle peuvent aujourd'hui accélérer certaines tâches, mais ils ne remplacent pas le regard du photographe.
Il faut encore décider quelle image conserver, où placer le regard, quelle dominante corriger, ce qui mérite d'être éclairci et jusqu'où intervenir sans dénaturer la scène.
Le post-traitement fait partie du style du photographe
Lorsque vous choisissez un photographe de mariage, vous ne choisissez d'ailleurs pas uniquement sa façon d'utiliser son appareil.
Vous choisissez également sa manière de terminer ses images.
Certains photographes travaillent avec des couleurs très chaudes.
D'autres préfèrent des rendus lumineux et pastel.
D'autres encore recherchent quelque chose de plus contrasté, documentaire ou cinématographique.
Le noir et blanc, que j’affectionne tout particulièrement, constitue lui aussi un véritable choix photographique : il ne suffit pas d'enlever les couleurs pour obtenir une bonne photographie en noir et blanc.
Le traitement fait donc entièrement partie de l'identité du photographe.
Deux photographes placés exactement au même endroit avec le même appareil pourraient livrer deux reportages très différents.
Pourquoi un photographe ne livre-t-il généralement pas les fichiers RAW ?
C'est également pour cette raison que la majorité des photographes professionnels ne fournissent pas leurs fichiers RAW.
Le RAW est un fichier de travail, pas une photographie terminée.
Il pourrait être comparé au négatif du photographe argentique ou, dans un autre domaine, aux rushes non montés d'un vidéaste.
Le client commande le résultat final, pas les éléments intermédiaires nécessaires à sa fabrication.
Livrer des fichiers RAW reviendrait en quelque sorte à remettre une pellicule non développée en disant :
« Voilà, les photos sont dedans. »
Ce n'est pas le service pour lequel vous avez engagé un photographe.
Et pourquoi plusieurs semaines plutôt que quelques jours ?
Parce qu'un photographe professionnel ne travaille généralement pas uniquement sur un seul mariage.
En pleine saison, plusieurs reportages peuvent se succéder.
Il faut parallèlement répondre aux clients, préparer les prochains mariages, effectuer les sauvegardes, réaliser d'autres séances et assurer la gestion d'une activité professionnelle.
Le délai annoncé n'est donc pas un temps pendant lequel vos photographies restent oubliées sur un disque dur.
Il permet au photographe de réserver à chaque reportage le temps qu'il mérite.
Il existe bien sûr une limite raisonnable : un professionnel doit annoncer clairement son délai de livraison et le respecter.
Mais lorsqu'un photographe annonce plusieurs semaines, ce délai n'est pas nécessairement le signe d'une lenteur.
Il peut au contraire être la conséquence d'un véritable travail de sélection et de finition.
La photographie du mariage ne s'arrête pas lorsque le photographe rentre chez lui
Le jour du mariage est seulement la partie visible du travail.
Après les dernières photographies de la soirée viennent encore la sauvegarde des fichiers, leur sélection, leur développement, leur retouche et leur préparation pour la livraison.
C'est aussi là que se construit la cohérence du reportage.
Un photographe de mariage ne livre donc pas simplement ce que son appareil a enregistré.
Il livre sa vision de votre journée.
Comme autrefois avec une pellicule argentique, prendre la photographie n'est que la première étape.
Le développement en est la seconde.
Et cette seconde étape mérite parfois plusieurs semaines si l'on veut qu'un reportage destiné à être regardé encore dans dix, vingt ou cinquante ans soit traité avec le soin qu'il mérite.
Kamera Obskura — Photographe de mariage à Liège et en Belgique
Mon travail ne s'arrête pas au dernier déclenchement de votre journée. Chaque reportage est sélectionné, développé et travaillé individuellement afin de vous livrer un ensemble cohérent d'images, et pas simplement le contenu d'une carte mémoire.

